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Les avoués dans la rue...

Justice . Hier, l’ensemble des officiers ministériels ont manifesté à Paris.

Après les chauffeurs de taxi, c’est au tour des avoués de descendre dans la rue pour manifester contre les préconisations du rapport Attali. Ce dernier a, en effet, proposé la suppression pure et simple de cette profession concernant 440 officiers ministériels et leurs quelque 2 200 salariés. À l’appel de la Chambre nationale des avoués, ils ont donc défilé hier après-midi à Paris. Cette manifestation - une première dans les annales du métier - vise à « voir cesser les marques de mépris vis-à-vis d’une profession étroitement liée au service public de la justice, exerçant une activité indispensable au fonctionnement des cours d’appel et à la cohérence du système judiciaire français », a insisté le président de la Chambre, François Gransard, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue juste avant le rassemblement.

 

Très dubitatif sur la « mission d’évaluation » de l’avenir de la profession annoncée par la chancellerie, il a affirmé que « Rachida Dati ignore totalement la profession d’avoué, au contraire de François Fillon, ce qui explique qu’on en appelle directement au premier ministre ». Et de mettre de garde : « S’il n’y a aucun écho, des blocages de cours d’appel seront très vraisemblablement envisagés. » Les avoués « exigent » ainsi « l’ouverture d’une réflexion comprenant l’ensemble des acteurs du monde judiciaire » et demandent aux pouvoirs publics d’apporter « la preuve des bénéfices que les juridictions et les justiciables retireraient de la suppression des avoués, si elle devait être envisagée ». « Le gouvernement peinera à expliquer à l’opinion publique que les objectifs de croissance et l’augmentation du pouvoir d’achat passent par la disparition de 235 entreprises et de 2 600 emplois », pointe-t-on à la Chambre nationale.

 

Malgré l’affirmation par la chancellerie qu’« aucune décision » n’était prise, des manifestations des avoués ont déjà eu lieu dans les ressorts de plusieurs cours d’appel, contre la « décision 213 » du rapport -Attali, qui considère que « dans l’ensemble, leur valeur ajoutée par rapport aux avocats est de plus en plus difficile à justifier pour les justiciables ». Seul représentant des parties, en matière civile et commerciale, devant chaque cour d’appel, l’avoué est un juriste spécialisé chargé de la procédure d’appel. Auxiliaire de justice, il relit ou rédige les conclusions de l’avocat qui défend son client à l’audience et vérifie la régularité et la valeur juridique des actes fournis. Nommés par arrêté ministériel, les avoués ont en outre des tarifs réglementés par décret, contrairement aux honoraires libres des avocats. Surtout, 30 % des dossiers qu’ils traitent relèvent de l’aide juridictionnelle accordée aux plus démunis. S. B

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