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·         Cent cinquante personnes dans la rue pour défendre la profession d'avoué

mercredi 25.06.2008, 04:58 - La Voix du Nord

 

GROGNE |

Environ 150 personnes - des barreaux de Douai, Cambrai, Reims et Amiens - ont manifesté hier dans les rues de Douai, pour protester contre le projet de réforme du gouvernement qui prévoit la disparition du statut d'avoué de cour d'appel.

La garde des Sceaux a le chic pour mettre en ébullition le monde judiciaire. Cette fois, ce sont les avoués qui ont décidé d'élever la voix. Le 9 juin, Rachida Dati a annoncé au président de leur chambre nationale sa volonté de supprimer les avoués près des cours d'appel, dont le métier fusionnerait avec celui d'avocat au 1er janvier 2010. Farouchement opposés à cette réforme, les avoués bloquent depuis une semaine le fonctionnement de la cour d'appel de Douai. Et hier, un cortège composé d'avoués, secrétaires d'études, collaborateurs, mais aussi d'avocats et de bâtonniers, a défilé dans les rues de la cité de Gayant.

« Cette décision a été reçue brutalement, car sans concertation », explique Arnaud Dragon, qui a décroché son examen d'avoué il y a quelques mois. Le jeune diplômé douaisien est fort inquiet pour son avenir. « On ne sait pas non plus ce qui va advenir des personnels des études, les secrétaires et collaborateurs », ajoute-t-il. En moyenne, un avoué emploie 8 salariés. À Douai, les quinze avoués emploient 91 secrétaires et 10 collaborateurs. « Nous voulons alerter les pouvoirs publics des conséquences de cette décision », explique à son tour Marie-Hélène Laurent. La présidente de la chambre régionale des avoués déplore le fait qu'on ait privé la profession « de toute possibilité de discussion ». Elle espère que les débats au parlement vont au moins leur permettre de s'exprimer enfin. « La réforme annoncée par Mme Dati est présentée comme une simplification de la procédure d'appel. C'est totalement faux, martèle M e Laurent. Il n'y a pour l'instant aucun schéma de remplacement de la profession d'avoué (...) On nous dit aussi qu'elle va avantager les justiciables, mais on ne sait pas comment ! » À ses yeux, absolument rien ne justifie que l'on fasse disparaître les avoués, spécialistes de la procédure d'appel et des contentieux civils et commerciaux. « En tant qu'officiers ministériels, nous avons des tarifs transparents. Avec la réforme, cela serait remis en question. Alors, où est l'intérêt du justiciable ? »

« Cette réforme, nous pensons qu'elle s'inscrit dans une logique d'abandon de notre modèle juridique français, au profit du modèle anglo-saxon, dénonce encore Marie-Hélène Laurent. Mais le modèle anglo-saxon ne fait pas partie de notre culture ! Si la réforme est adoptée, ce sont les petits cabinets, les petits barreaux qui vont le plus souffrir ». Autre argument de poids : la réforme aurait un coût non négligeable pour le contribuable. De l'ordre de 50 M d'euros, dixit le ministère de la Justice. « Nous, on estime que ça coûterait plus d'un milliard d'euros », dit Me Laurent. Côté gouvernement, on justifie la réforme par le souci de rendre « l'accès au juge d'appel simplifié et moins coûteux pour le justiciable » (*). De l'avis de Me Laurent, la réforme est au contraire guidée par la seule logique comptable, et « motivée par des raisons d'économie. À terme, on veut limiter l'accès du justiciable à la justice ». •

ANNE-LISE TENEUL

> (*) Communiqué du cabinet du Garde des Sceaux en date du 10 juin.

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* photo de la manifestation à Aix le 24 juin 2008

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