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Bilan. Les propositions pour libérer la croissance ont du plomb dans l'aile.

Rapport Attali : ça se dégonfle

 

Extraits :

la Commission peut toutefois se targuer d'avoir fait bouger les lignes (et susciter le débat !), voire de quelques reprises « conformes » de ses propositions concrètes : la sécurisation de la rupture amiable du contrat de travail ou encore la mise en œuvre, dès la rentrée 2008, de nouveaux programmes scolaires (par ailleurs très contestée).

Pour l'Elysée et le gouvernement, il s'agit d'abord de sauver ce qui peut l'être du rapport d'inspiration libérale, tout en caressant dans le sens du poil des élus UMP, convaincus que le rapport Attali a creusé le sillon de la défaite en braquant leur clientèle traditionnelle (taxis, pharmaciens, notaires, avocats, commerçants…) « Sortir ce rapport juste avant les élections était d'une stupidité totale », tonne l'un d'eux. 160 parlementaires UMP sont ainsi chargés de « positiver » le rapport en sélectionnant les propositions qui seront ensuite examinés au Parlement.

S'il a suscité une levée des boucliers des lobbies, le rapport de la Commission est aussi un succès populaire.

En librairie, où il est co édité par la Documentation Française et Fixot, le rapport atteint, selon ses concepteurs, les 80 000 ventes.

La suppression du brevet professionnel pour exercer la profession coiffeur « est un danger pour la santé publique », estime la profession, cette obligation qui date de 1946 vise la protection des personnes, tant la clientèle que les salariés. .

 

D'un rapport honni, celui de Jacques Attali, les députés UMP veulent faire un exemple en le passant au tamis. C'est à cette aune-là que seront vraiment évaluées les suites du désormais fameux rapport « pour libérer la croissance », émanation de la commission du même nom qui s'est réunie hier afin de dresser un premier bilan après plusieurs semaines de grosses turbulences.

Un bilan qui ressemble furieusement à un plaidoyer : 13 des 20 décisions fondamentales (sur 316 en tout) sont en route, annonce la commission, ce qui relève d'un franc volontarisme et ne mange pas de pain, car ces mesures « dites de choc », note La Tribune, catalogue de priorités générales, « n'ont pas réellement de cible précise ».

la Commission peut toutefois se targuer d'avoir fait bouger les lignes (et susciter le débat !), voire de quelques reprises « conformes » de ses propositions concrètes : la sécurisation de la rupture amiable du contrat de travail ou encore la mise en œuvre, dès la rentrée 2008, de nouveaux programmes scolaires (par ailleurs très contestée). D'autres restent au stade de l'effet d'annonce comme la création d'Ecopolis de 50 000 habitants, malgré la sollicitation récente de Saint-Paul à La Réunion. D'autres sont déjà carrément écartées, notamment l'emblématique ouverture des professions réglementées à la concurrence (lire ci-dessous) victime d'influents lobbies.

Un bilan d'étape modeste si l'on se fie aux objectifs affichés par Attali : 316 mesures à prendre en bloc selon le principe du « tout ou rien » avec mise en œuvre complète avant… juin 2009. Un peu haute la barre.

Pour l'Elysée et le gouvernement, il s'agit d'abord de sauver ce qui peut l'être du rapport d'inspiration libérale, tout en caressant dans le sens du poil des élus UMP, convaincus que le rapport Attali a creusé le sillon de la défaite en braquant leur clientèle traditionnelle (taxis, pharmaciens, notaires, avocats, commerçants…) « Sortir ce rapport juste avant les élections était d'une stupidité totale », tonne l'un d'eux. 160 parlementaires UMP sont ainsi chargés de « positiver » le rapport en sélectionnant les propositions qui seront ensuite examinés au Parlement. Dans quel état d'essorage sortira le rapport Attali ?


Un coût zéro pour le contribuable

S'il a suscité une levée des boucliers des lobbies, le rapport de la Commission est aussi un succès populaire. Même ses adversaires ont voulu se le procurer. Sur Internet, en accès libre et gratuit, 25 000 téléchargements ont déjà été réalisés. En librairie, où il est co édité par la Documentation Française et Fixot, le rapport atteint, selon ses concepteurs, les 80 000 ventes. « L'intégralité de nos droits sur les ventes du livre servent à rembourser les frais de fonctionnement de la Commission, explique Jacques Attali. Aujourd'hui, nous sommes donc en mesure de vous l'annoncer : la Commission pourra rembourser au Trésor Public les coûts qu'elle a occasionnés au cours de ses travaux ».


Des propositions déjà zappées

Prestations familiales. C'était l'une des très rares mesures d'inspiration sociale du rapport Attali. Mais la mise sous conditions des ressources des allocations familiales ne devrait pas passer le cap législatif : les députes UMP ne veulent pas en entendre parler.

Grande distribution. Le texte de modernisation de l'économie se limite à une réforme « a minima » de la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, bien loin de l'abrogation voulue par le rapport.

Pharmacies. Confronté à une fronde notable des pharmaciens, Nicolas Sarkozy a écarté dès la réception du rapport la fin du monopole de la vente des médicaments. Zéro suspense. Pas question pour le gouvernement de s'aliéner les pharmaciens.

Taxis Le rapport voulait augmenter le nombre de taxis en accordant des licences gratuites aux demandeurs inscrits à la fin de 2007. De blocages en opérations escargots, deux journées d'action très suivies à Paris et en province ont fait reculer le gouvernement. Le syndrome des routiers appliqué aux taxis.

Départements. La suppression de cette collectivité locale, très symbolique du rapport Attali, a suscité une levée de boucliers d'élus. Proposition rapidement évacuée par Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, de nombreuses propositions restent en suspens, source de conflit potentiel.

Avoués. Le rapport propose la disparition des avoués qui assistent les justiciables devant les Cours d'appel dans les procédures civiles et commerciales. Bloqueront-ils le fonctionnement des Cours d'appel ? En suspens.

Coiffeurs. La suppression du brevet professionnel pour exercer la profession coiffeur « est un danger pour la santé publique », estime la profession, cette obligation qui date de 1946 vise la protection des personnes, tant la clientèle que les salariés. ». Manifs et pétitions. Pris à rebrousse-poil, les coiffeurs peinent cependant à se faire entendre, le blocage des salons de coiffure n'étant pas (encore) envisagé. Mais si les taxis s'en mêlent… D.H.

Publié le 01 avril 2008 à 10h48 | Auteur : Daniel Hourquebie


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